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19.03.2008

Le grand journal de tous les temps

« (...) quand à moi, j’étais doublement en représentation : pour satisfaire les besoins de la presse officielle et pour que personne ne se doute de l’existence de mon trésor caché dans la forêt. »

J'étais une imposture parmi des marionnettes en train de se démener au bout de leur fil, pour une pièce cousue de fil blanc. J’étais un simulacre dans un théâtre d'ombres :1585749508.jpg il y avait de quoi être perplexe, assurément ..

Laissant ce genre de considérations aux héros de Philip K Dick, je me dirigeai vers mon ex-collègue pour aller le saluer.  Je traversai l’allée, où se pressait une foule compacte et emmitouflée : je devais jouer mon rôle jusqu'au bout. Parvenu au centre de la marée humaine, je m'arrêtai machinalement pour prendre un cliché rapide, dit « d’ambiance ». A ce moment là, Edouard braqua son appareil dans ma direction : je perçus l’éclat fugitif du verre de l’objectif.  

A nouveau, tandis que j'observais sa silhouette incongrue de reporter en habit de passe murailles, je me sentis pris de vertigo existentiel. C’était comme si j’assistais à ma « mise en abyme », captant sur la lentille reflex de mon ancien collègue l’image d’un autre moi-même, qui reflétait l’image d’un autre moi-même costumé en détective privé …mais privé de quoi ? Je sentais que la réponse à cette question, ainsi qu’à d’autres questions non formulées, était à portée et pourtant me fuyait : De la même façon qu’une intuition née d’un rêve lourd de sens vous échappe sitôt que la conscience éveillée s’essaie à la raison. 

(à suivre )

 

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